Samedi 21 juillet 2007
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Cet article, ci-dessous,  lu dans le journal de l'environnement montre combien le devenir des villes est lié aux ressources de leur territoire.
La force des évènements : changement clmimatique, meilleure gestion des ressources, oblige un nouveau regard, qui en réalité, est celui qui a toujours existé, sauf à une période récente.
Le développement durable des villes et territoires passe cette prise de conscience.
L'eau de pluie est l'une des ressources les plus significatives. Il faut arrêter de la cacher, de l'enfouir, à grands frais.
Les PLU et les SCOT, pour ne citer que ces deux documents d'urbanisme, ont à inscrire l'eau de pluie au coeur des projets de territoire, cité par cité, quartier par quartier, ville par ville.

Jean Pierre Gautry
Président de la SFU


Lu dans le journal de l’environnement :

  

B
ernard Chocat préside le comité scientifique de Novatech, une conférence sur les techniques et stratégies durables pour la gestion des eaux urbaines par temps de pluie, qui a lieu tous les trois ans à Lyon et cette année du 25 au 28 juin. Il est également directeur du laboratoire de génie civil et d'ingénierie environnementale de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon, et responsable de l’unité de recherche génie civil-hydrologie urbaine de ce laboratoire. Il évoque pour le JDLE la prise en compte croissante de l’eau dans les paysages urbains.
An
alyser
pa
r Agnès Ginestet

Q
uel bilan tirez-vous de Novatech 2007?
Il
y avait environ 700 personnes, dont 45% d’étrangers. La composition du public était équilibrée entre chercheurs, collectivités locales et administration, et entreprises et bureaux d’études. Le monde de la gestion de la ville était fortement représenté, que ce soit des architectes ou des paysagistes. Il était intéressant d’ouvrir cette conférence à des «non-techniciens» de l’eau.

Vou
s travaillez dans le domaine de l’hydrologie urbaine. Quelle est cette discipline?
Ell
e se rapporte à la gestion de la partie du cycle de l’eau qui affecte le fonctionnement de la ville ou est affectée par l’urbanisation. Cela englobe l’aspect quantitatif, avec le problème des inondations, et l’aspect qualitatif avec les rejets urbains.

La
France est-elle en avance dans ce domaine?
Oui
. Il y a deux manifestations internationales importantes, dont Novatech. En matière d’application, les villes ne fonctionnent pas toutes de la même manière. Lyon et Bordeaux sont très à la pointe car elles ont développé des façons originales d’intégrer l’eau. D’autres pays ont une activité forte en matière de recherche en hydrologie urbaine, comme les Etats-Unis, l’Australie, la Suède, l’Allemagne, le Danemark, le Japon, mais aussi des pays en développement comme le Brésil, la Chine, la Corée…
Pou
rquoi l’hydrologie urbaine est-elle apparue?
Par
tout en ville, il faut gérer l’eau. Les techniques traditionnelles ne sont plus suffisantes. Depuis le milieu du XIXe siècle, on considérait l’assainissement comme secondaire, mais ce raisonnement a montré ses limites, il y a une vingtaine d’années.

Po
ur quelles raisons?
Il
y en a trois. D’abord, les inondations entraînent des débordements de réseaux d’assainissement.Nous devons ensuite protéger les milieux naturels, pour atteindre le bon état écologique des masses d’eau d’ici 2015. Enfin, il faut mieux gérer les ressources en eau, en les récupérant et en les valorisant. On peut ajouter une quatrième raison, le fait que l’eau constitue un élément de valorisation urbaine.
Po
urquoi parle-t-on de «techniques alternatives» à propos de la gestion de l’eau?
Ce
sont des techniques alternatives au réseau. Je préfère parler plutôt de «techniques durables». Il s’agit de rétablir ce que faisait l’eau avant l’urbanisation. Elle s’infiltrait, restait stockée puis s’écoulait lentement. A l’échelle des maisons, on peut stocker l’eau sur la toiture, ou encore faire infiltrer l’eau grâce à des tranchées. A l’échelle du quartier, ce sont les bassins d’infiltration et de rétention. De nombreuses techniques existent, mais des problèmes de vieillissement et de colmatage peuvent se poser.
Qu
els problèmes peuvent être rencontrés dans l’application de ces techniques?
D’
abord, l’organisation des services techniques. Par exemple, on peut stocker l’eau dans la chaussée. Mais alors, celle-ci est-elle toujours considérée comme voirie, ou devient-elle ouvrage d’assainissement? Qui finance, qui gère? Un autre problème est l’accueil de ces techniques par les usagers eux-mêmes. L’assainissement grâce à des filtres plantés de roseaux est par exemple beaucoup utilisé à la campagne où il est accepté par la population. Mais en ville, les citadins peuvent-ils accepter que l’on reconstruise des marécages artificiels?

Et
la récupération d’eau de pluie dans des citernes?
Ce
n’est pas forcément une solution collective. C’est bien de faire des économies d’eau à l’échelon individuel. D’autant que l’investissement est rentabilisé en 5 ou 6 ans, voire moins grâce au crédit d’impôt. Cette méthode va se développer, mais la facture d’eau ne va pas diminuer en proportion. Le prix du mètre cube d’eau va augmenter car davantage de gens récupèreront l’eau de pluie et il y aura un coût d’amortissement. Il faut plutôt poser le problème de façon générale. L’eau que l’on considérait comme une menace, ou un déchet, est aujourd’hui une ressource. L’eau de pluie peut être utilisée pour climatiser un immeuble. Elle peut aussi être stockée sous les trottoirs pour alimenter les arbres, jouant ainsi un rôle bio-climatique dans la rue.
Du
point de vue architectural, comment toutes ces techniques alternatives sont-elles intégrées?
L’
eau revient en surface. Dans le centre historique de Berlin en Allemagne, on a construit un paysage de sculptures complètement minéral, où l’eau de pluie est gérée sur place, dans ces bassins. Ces nouvelles techniques coûtent en général beaucoup moins cher qu’un système traditionnel, même si elles occupent de l’espace, à la différence des réseaux d’assainissement. Mais on peut utiliser ces terrains pour d’autres usages, comme des espaces verts.

Co
ncrètement, quelles autres applications existent-elles?
A
Lyon par exemple, la zone d'activité de Porte des Alpes a été construite en intégrant ce type de technologies. C’était un argument de vente pour attirer les entreprises, mais aussi cela a permis aussi de créer des paysages. A l’étranger, des villes comme Denver et Portland aux Etats-Unis, ou Malmö en Suède, sont en avance. En Inde, où l’eau de pluie constitue une ressource importante, on est en train de réinventer Venise, où l’eau de pluie s’infiltrait sous les pavés poreux, pour créer des nappes artificielles.
Fi
nalement, à quoi ressembleront les villes françaises de demain?
Da
ns les nouveaux quartiers, l’eau sera beaucoup plus intégrée. Dans les zones traditionnelles, au centre des villes, elle va réapparaître. On l’a cachée pendant 150 ans, mais elle sera de nouveau présente dans la ville de demain.

Par Pdt. SFU - Publié dans : Lus dans la presse
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